The Happy Show
Gaîté Lyrique
Du 28 novembre 2013 au 9 mars 2014
Le
Happy Show quelle déception....
J'ai
décidé cette semaine d'aller faire un tour dans cet établissement, m'étant resté jusque ici relativement mystérieux, qu'est
la Gaîté Lyrique. Le succès de l'exposition de Stefan Sagmeister,
originellement créateur de jaquettes de CD autrichien, est entériné. Et c'est
d'ailleurs sous la pression des critiques les plus élogieuses que je me suis
conformée à l'idée que le concept était séduisant et que j'allais passer un
moment fort agréable dans ce Happy Show.
Le
but de l'exposition ne se veut pas une recherche du bonheur mais plutôt une
analyse de ses mécanismes à partir de l'expérience et des idées de Stefan
Sagmeister. Amour, sexe, argent, drogues, méditation sont ainsi catégorisés,
mis en statistiques, en organigrammes sur de grands panneaux jaunes dont
écriture grasse et figures en pictogramme rappellent certains outils
pédagogiques destinés à l'enseignement des plus jeunes. Ponctués de phrases
positives, ces panneaux n'ont qu'un seul but vous montrer que finalement si
vous vous reconnaissez là dedans c'est parce que vous êtes un peu le même que
tout ces braves gens agglutinés, que vous observez avec le regard du mépris
depuis qu'ils vous ont malmené dans les escaliers.
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| Stefan Sagmeister, Actually Doing The Things I Set Out to Do Increase My Overall Level of Satisfaction, 2012 exposition à l'Université de Pennsylvanie |
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| Installation devenue l'archétype de la célèbre maxime : "Pas de bras, pas de chocolat" |
Bref,
pour apprécier le Happy Show il
fallait donc jouer des coudes, ce qui me semble déjà d'emblée totalement
antinomique avec le concept de bonheur et même de confort. Une part des
installations tout au long du parcours est basée sur le bonheur par la
récompense et le don, de bonbons, de cartes et même d'argent (par un circuit
ingénieux qui fait que les visiteurs du haut ravitaillent en liquidités ceux de
l'étage inférieur sans s'en douter). Le problème c'est que vu l'afflux, point
de carte, point de bonbons et des plateaux vides. C'est un peu ce qu'on devra
retenir de cette exposition...
Un don du néant.
Un don du néant.
Il faut cependant tempérer cette
critique exacerbée pour souligner que pour une fois, une exposition se veut
participative, évolutive, cumulant les supports et surtout éminemment positive.
Même si rien de transcendant ne ressort des œuvres de Sagmeister, on y perçoit
une vie et une force simple qui est celle du bonheur du quotidien. On notera les
séries de photographies comme, Drugs are
Fun in the Beginning but becomes a Drag later On ou Everything i Do Comes Back to Me qui sont à mon sens assez réussies, démontrant les talents de graphistes
de Sagmeister. L'idée même d'un certaine filiation dans le projet avec pour but
ultime la sortie un long métrage, The
happy film, est assez séduisante. En
définitive, The Happy Show est loin
d'être une mauvaise exposition mais il faudrait pour le comprendre qu'il soit
possible de jouir de son contenu.
C'est là la critique majeure
qu'il faut faire à la Gaîté Lyrique. Nous savons tous que le milieu culturel
est en souffrance mais est-ce une raison pour ne pas respecter des quotas de nombres
de personnes au mètre carré? N'est-il pas contre-performatif d'observer une
telle attitude mercantile dans une exposition dont le contenu se veut être une
approche du bonheur de l'homme?





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